Le secteur du BTP et ses acteurs devraient bien se comporter cette année (BKGR)

B.B | Le 13/1/2022 à 18:20
LafargeHolcim Maroc et TGCC devrait connaitre une nouvelle année de hausse de leur chiffre d’affaires dans un contexte de poursuite de la croissance de la valeur du secteur BTP en 2022. Le cimentier pourra compter sur son bon positionnement et l’ouverture de l’usine d’Agadir cette année. TGCC dispose d’un carnet de commande important et d’un bon potentiel de développement en Afrique, en plus d’une acquisition en cours.

En 2021, le secteur du ‘Bâtiment et des Matériaux de Construction’ a connu une belle remontée en bourse avec une croissance de 29,55% contre 18,35% pour le MASI. Une performance qui a notamment été dopée par la reprise des constructions immobilières et la hausse de la consommation de ciments par rapport à 2020. D’après les derniers chiffres de l’Association Professionnelle des Cimentiers (APC) à fin décembre 2021, la consommation de ciment a augmenté de 14,8% par rapport à l’année 2020.

Dans son dernier document intitulé ‘Stratégie annuelle 2021-2022’, la société de recherche BKGR a dressé un état des lieux du secteur du BTP ainsi que les valorisations et perspectives sur LafargeHolcim Maroc ainsi que TGCC, nouvel arrivant en bourse.

Une croissance de 4% du secteur BTP attendue en 2022

En 2020, le secteur du BTP a été fortement affecté par l’arrêt des chantiers et la baisse de 10% de la consommation de ciments. D’après les données de BKGR, la croissance réelle du secteur de la construction s’est affichée à -4,5% en 2020. La valeur du secteur s’établissait à 59,7 milliards de dirhams. En 2021, le secteur a profité du bon rebond grâce à la relance. La valeur du secteur s’est établie à 62,7 milliards de dirhams, en progression de 4,2% par rapport à 2020.

Cette année, le secteur du BTP devrait connaître une croissance globalement similaire, à +4% pour atteindre une valeur de 65,9 milliards de dirhams. Cette dynamique sera soutenue notamment « par le lancement par les autorités de grands travaux d’infrastructure (extension du réseau routier, ports, barrages, etc) » note la société de recherche.

Il faut également préciser que les investissements étrangers attendus dans les régions du Sud pourraient présenter de bonnes opportunités de croissance pour le secteur. BKGR table également sur « la mise en place potentielle de mesures incitatives afin de stimuler la demande en biens immobiliers et anticipation d’un nouveau cycle haussier pour le secteur immobilier à partir de 2023/24 ».

Le secteur reste néanmoins fortement exposé au comportement de l’immobilier qui capte pour 75% des ventes de ciments. De plus, cette année encore, les opérateurs devraient être à nouveau impactés aux niveaux des marges par la hausse des prix du petcoke, combustible essentiel dans l’industrie cimentière.

LafargeHolcim Maroc bénéficie d’un bon positionnement, mais pression sur les marges

Après une croissance de près de 40% en bourse en 2021, le titre est actuellement correctement valorisé par le marché selon BKGR. Le titre traite à 2.240 dirhams à l’ouverture de la séance du 13 janvier. La société de recherche le valorise 2.257 dirhams, soit un upside très limité de 0,7%.

Source : leboursier.ma

Le groupe devrait cependant connaître une croissance de 10% de son chiffre d’affaires cette année par rapport à 2021 à 9.230 millions de dirhams. Cela est en partie conduit par un accroissement des parts de marché de l’opérateur, notamment suite à l’ouverture de son usine à Agadir, sur le terrain historique de son concurrent Ciments du Maroc. Néanmoins, le démarrage de cette nouvelle usine et les coûts associés feront diminuer la marge de l’opérateur cette année. D’après les projections de BKGR, la marge opérationnelle devrait diminuer cette année, passant de 43,8% en 2021 à 42,4% en 2022.

L’année 2022 sera également marquée par l’amélioration de l’efficacité opérationnelle du groupe selon BKGR. Pour la société de recherche, le cimentier améliorera ses performances opérationnelles grâce à deux facteurs principaux, « premièrement, la poursuite de la hausse de son taux d’utilisation après une forte baisse à 55% en 2020 et la hausse de l’utilisation d’énergie électrique d’origine éolienne avec pour ambition l’atteinte d’un taux de 90% dans ses usines ».

De son côté, le nouvel arrivant en bourse, TGCC, œuvrant sur le secteur du BTP, profitera également d’un contexte favorable.

TGCC bénéficie de belles perspectives de développement

Introduit en bourse au prix de 136 dirhams l’action, le titre a connu une forte progression en bourse. A l’ouverture de la séance du 13 janvier, la valeur traitait à 176,5 dirhams soit une hausse de près de 30%. Désormais, son potentiel fondamental semble épuisé. BKGR valorise le titre à 164 dirhams, soit un downside de 7%.

Source : leboursier.ma

Mais d’un point de vue opérationnel, le groupe dispose de bons arguments. Notamment à travers sa politique de verticalisation. Le groupe va en effet finaliser l’acquisition (d’ici fin 2022, ndlr) de la société de construction Advanced Vision Morocco pour un total de 110 MDH, dans le but de renforcer son offre interne.

Comme l’avait présenté Mohammed Bouzoubaa, le président directeur général et fondateur de TGCC lors d’une conférence de presse relative à son IPO, le groupe dispose également d’un carnet de commande solide, anticipé à 4.450 millions de dirhams à fin 2021.

« Nous remarquons que dans la prise de commande par type de clients, nous avons presque doublé la commande publique, en passant de près de 15% à 30% au 30 juin 2021. Cela montre une certaine relance du secteur public. Avec les récentes annonces du gouvernement et l’enveloppe annoncée de plus de 240 milliards de dirhams d’investissements, nous aurons certainement une part de cela dans le BTP » expliquait le fondateur.

Le groupe dispose également d’une bonne diversité de revenus, notamment avec sa présence sur les marchés des travaux publics (barrages, ports, viaduc, etc…). Pour BKGR, « cela devrait présenter un relais de croissance intéressant dans un contexte oligopolistique ». Le groupe pourra également compter sur son potentiel de développement géographique. C’est le cas de « l’activité en Afrique subsaharienne avec pour ambition de maintenir la contribution de cette région à près de 10% à horizon 5 ans via la réalisation de projets pour des donneurs d’ordres en Partenariats Public Privé, notamment en Côte d’Ivoire, Cameroun, Sénégal et Guinée Conakry et le sourcing de nouveaux projets dans les pays de la sous-région et au Cameroun » explique la société de recherche.

Après un bon rebond en 2021 et un chiffre d’affaires attendu en hausse de 62,3% à 3.697 millions de dirhams, l’année 2022 devrait également se placer sous le signe de la croissance. Le chiffre d’affaires est anticipé à 4.108 millions de dirhams, en hausse de 11,1% par rapport à 2021.

Les perspectives demeurent bonnes malgré quelques risques. Le groupe devrait en effet rencontrer cette année un potentiel rallongement des délais de paiement du fait que le secteur public prend une part de plus en plus importante dans son carnet de commande. BKGR rappelle également que TGCC pourrait subir « l’impact de la hausse anticipée des prix des matières premières (ciment, marbre, aluminium, bois, etc.) sur les contrats établis non révisables avant mai 2021 ».

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